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    La Guerre de Crimée (1853-1856)

    Pont de l’Alma, boulevard Sébastopol, avenue de Malakoff, rue de Crimée... Quel rapport entre ces lieux si connus de la topographie parisienne ? Un conflit oublié : la guerre de Crimée, commencée il y a juste cent cinquante trois ans sous le Second Empire. Les circonstances qui provoquèrent cette première guerre moderne: Le 30 novembre 1853, l’escadre russe défait la flotte turque dans le port de Sinope et prend le contrôle de la mer Noire au détriment des Ottomans. L’équilibre européen est menacé par l’expansionnisme de la Russie.

    Napoléon III se rapproche alors de la reine Victoria d’Angleterre. Et, le 27 mars 1854, les deux empires, britannique et français, déclarent la guerre à l’empire tsariste. Alors commence le premier conflit de l’ère industrielle, avec la projection à des milliers de kilomètres de dizaines de milliers de soldats, et l’utilisation d’armes nouvelles (le cuirassé, l’obus explosif). C’est aussi la première guerre que la photographie va immortaliser. Les victoires se succéderont, dont celle, le 19 septembre 1854, de la rivière de l’Alma, qui « efface la défaite de Waterloo », et - après onze mois de siège ! - la prise de Sébastopol, le 12 septembre 1855, qui marque la victoire finale.

    Bataille de l'Alma (20 septembre 1854)
    La bataille de l'Alma a été remportée par les troupes franco-anglaises du maréchal de Saint-Arnaud et de lord Raglan sur l'armée russe de l'amiral Menchikov.

    Le 14 septembre, les troupes alliées débarquèrent en Crimée, entre les rivière de Katcha et de l'Alma, au lieu appelé "Old Fort" (Vieux Fort) près d'Eupatoria, à une quarantaine de kilomètres de Sébastopol. Quant à l'armée russe, elle était retranchée sur les hauteurs de la petite rivière de l'Alma pour leur couper la route de Sébastopol. La tactique des alliés consistait à tourner les ailes des armées russes, à concentrer leur attention vers leurs flancs et à attaquer au centre.


    Le 19 septembre, le général de Saint-Arnaud donna l'ordre d'attaquer et tenta une manoeuvre par les flancs: sur sa droite la division Bosquet, renforcée de la division turque, les Anglais sur sa gauche, le reste de l'armée française chargée de contenir le centre de l'ennemi.

    Le mouvement tournant, très habilement conduit par le général Bosquet, accompagné de son régiment de zouaves, décida de la journée du 20 septembre. A gauche des divisions russes, les Anglais occupèrent enfin, non sans peine, les positions qui leur étaient assignées. Finalement, les Russes s'enfuirent, laissant la voie ouverte pour Sébastopol.
    La bataille qui avait duré 4 heures, avait fait environ 1.800 tués parmi les Russes, 300 chez les Anglais et 150 côté français, sans compter les nombreux blessés.
    (Sources: Numismatique et histoire)


    Bataille d'Inkermann (5 novembre 1854)
    Situé à l'est de Sébastopol, à l'embouchure de la Tchernaïa, le petit port d'Inkermann fut l'objet d'une rencontre sanglante avec l'armée russe de l'amiral Menchikov. Battu peu de temps avant à Balaklava (25 octobre 1854), l'amiral russe réalisa qu'il ne pouvait pas attaquer de front l'armée franco-anglaise.


    Disposant d'une armée de plus de 100.000 hommes contre 70.000 pour les alliés, Menchikov prépara une attaque contre le flanc droit de l'armée anglaise basée à Inkermann. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, ses troupes se massèrent autour du plateau d'Inkermann, à l'est de la ville.

    Les Anglais, surpris, tentèrent de rallier leurs troupes dans la confusion aggravée par un épais brouillard.

    Après un corps à corps sanglant avec les Russes, les Anglais de lord Raglan, qui avaient perdu beaucoup d'hommes et d'excellents officiers, comme le lieutenant général Caithness, un des soldats les plus vaillants de l'Angleterre, et son aide de camp, le colonel Seymour, furent sauvés in extremis par l'arrivée foudroyante des zouaves et des chasseurs du général Bosquet. Aussi, à la fin de la bataille, qui a été surnommée "l'abattoir", Lord Raglan, en apercevant le général Bosquet , s'était-il avancé vers lui pour lui tendre la main en s'écriant: "Au nom de l'Angleterre, je vous remercie".
    (Sources: Numismatique et histoire)


    Bataille de Balaklava (25 octobre 1854)
    La bataille de Balaklava, remportée sur les Russes est demeurée célèbre dans l'histoire, notamment dans l'histoire militaire de l'Angleterre, par la charge héroïque de la brigade de cavalerie du commandant lord Cardigan sur un ordre malheureux de lord Raglan.(la charge de la brigade légère)


    Port situé à une dizaine de kilomètres au sud de Sébastopol, Balaklava était le centre de débarquement des Anglais, avec des soldats de marine, un bataillon d'infanterie et des Turcs.

    L'armée russe était commandée par le général Liprandi (1796-1870), qui commença la matinée du 25 par enlever les redoutes défendues par les Turcs. Liprandi lança ensuite sa cavalerie contre les lignes anglaises. Mais elle fut repoussée et se retira en désordre, poursuivie par les dragons du brigadier-général Scarlett. Dans sa fuite elle entraîna l'infanterie russe.

    C'est alors que lord Raglan donna l'ordre aux cavaliers de lord Cardigan de poursuivre les cavaliers russes. Cardigan comprit par erreur qu'il devait charger le front russe, parfaitement bien protégé, et donna l'assaut aux batteries russes.
    Bientôt la face des choses changea, et malgré sa grande bravoure, la cavalerie anglaise dut battre en retraite.
    L'arrivée très opportune de l'escadron des chasseurs d'Afrique du général d'Allonville arrêta la poursuite des Russes, les mit en déroute, et sauva les débris de la brigade du pauvre lord Cardigan.
    (Sources: Numismatique et histoire)


    Bataille de la Tchernaïa, pont de Traktir (16 août 1855)
    Alors que le siège de Sébastopol s'éternisait, les Russes tentèrent une sortie contre les positions alliées au pont de Traktir sur la Tchernaïa, entre Inkermann et Balaklava.
    Dans la nuit du 15 au 16 août 1855, le général russe Michel Gortchakov, déclencha une série d'attaques furieuses qui furent successivement refoulées par les Français et les Sardes.


    Les Français, se trouvaient sur la rive gauche, et les troupes sardes, après avoir traversé la rivière, forcèrent les Russes à une retraite désastreuse La lutte fut sanglante pour les Russes qui comptaient environ 50.000 hommes contre 12.000 pour les alliés.

    Rappelons ici que le royaume de Sardaigne était rentré dans la guerre du côté des alliés le 10 janvier 1855. Le roi Victor Emmanuel II et son ministre Cavour espéraient ainsi se gagner pour l'avenir les bonnes grâces de la France et de l'Angleterre, afin de pouvoir siéger le moment venu au Congrès de Paris.
    (Sources: Numismatique et histoire)



    Prise de Sébastopol (8-9 septembre 1855)
    La chute de Sébastopol constitue l'évènement le plus important de la guerre de Crimée. Le siège dura un an (septembre 1854-septembre 1855). Ainsi prenait fin à la guerre de Crimée.

    Côté français, 3 généraux se succédèrent à la tête des troupes: Saint-Arnaud qui mourut du choléra (29 septembre 1854), Canrobert qui démissionna (16 mai 1855), enfin Pélissier qui reprit le commandement et dont le plan était de "pousser le siège à outrance".


    Côté russe, Todleben fortifia les bastions du sud de Sébastopol et s'installa dans un siège en règle. Le blocus n'était pas complet puisque les alliés durent, à plusieurs reprises, repousser les armées russes de secours en automne 1854, lors des batailles de Balaklava (25 octobre) et d'Inkermann (5 novembre).

    Le siège s'éternisa et l'état sanitaire des armées, décimées par le choléra, le scorbut et la fièvre était désastreux. Durant celui-ci, Lord Raglan mourut du choléra et Todleben fut grièvement blessé. Pendant ce temps, l'opinion publique s'impatientait à Londres, à Paris et même à Saint-Pétersbourg.

    Un assaut donné en juin 1855 par le général Bosquet enleva l'ouvrage fortifié du "Mamelon Vert" aux Russes.

    Le 16 Août, les Russes, qui tentaient une sortie au Pont de Traktir, furent battus.

    Le 8 septembre enfin, le général Pélissier décida de donner l'assaut final.

    Le général Mac-Mahon s'empara le même jour du "fort de Malakoff", clé de la défense des Russes, qui abandonnèrent la ville après y avoir mis le feu le 9 septembre.
    C'est au fort de Malakoff que Mac-Mahon prononça les mots célèbres "j'y suis, j'y reste ! " lorsqu'on le prévint que le bastion risquait de sauter.


    Le 10 septembre, le général Pélissier entrait dans Sébastopol, ce qui lui vaudra le titre de Maréchal de France (12 septembre) et le titre de duc de Malakoff.
    (Sources: Numismatique et histoire)



    Le Traité de Paris
    Pour négocier la paix un Congrès se réunit à Paris dès le 21 février 1856 à l'hôtel du ministère des Affaires étrangères, sous la présidence du comte Walewski. Les négociations aboutirent le 30 mars 1856 à la signature du Traité de Paris, entre les représentants des puissances belligérantes, de l'Autriche, et même, à la demande de Napoléon III, de la Prusse.

    Le Traité de Paris marque l'abaissement de la Russie et la prépondérance de la France en Europe. La Mer Noire est neutralisée, la Russie cède à la Moldavie une partie de la Bessarabie au nord des Bouches du Danube. La navigation est libre sur le Danube. Enfin, pour protéger l'Empire turc contre les ambitions russes, les Grandes Puissances garantissent solennellement son intégrité et son indépendance.
    (Sources: Numismatique et histoire)




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